Couleurs du Shiba Inu : les 5 robes du standard et les autres

Le standard FCI n° 257 admet cinq couleurs pour le Shiba : rouge, noir et feu, sésame, sésame noir et sésame rouge, toutes avec l’urajiro, le marquage clair du dessous. Le crème, le blanc, le pinto et le noir uni n’en font pas partie. Le « shiba noir » que l’on cherche si souvent n’existe donc pas sous cette forme : c’est presque toujours un noir et feu.

Les cinq couleurs, texte à l’appui

La rubrique « Robe » du standard FCI n° 257, dans sa version officielle du 30 octobre 2016, tient en une ligne : « Rouge, noir et feu, sésame, sésame noir, sésame rouge ». Elle ajoute une condition commune à toutes : chacune doit présenter de l’urajiro. On lit souvent que le Shiba a « quatre couleurs », parce que les trois sésames sont regroupés en une seule. Le texte, lui, en distingue bien cinq.

Le standard américain, publié par le National Shiba Club of America pour l’American Kennel Club, retient une liste plus courte : rouge, noir et feu, sésame. Il ne détaille pas les variantes du sésame, mais il est plus sévère sur le reste, puisqu’il qualifie le crème, le blanc et le pinto de défaut très grave.

CouleurNom japonais courantCe qu’on voitStatut FCI
RougeakaFauve uni, du roux clair au roux profond, avec urajiroAdmise
Noir et feukuroDessus noir, marques feu sur la tête et les pattes, urajiroAdmise
SésamegomaMélange à égalité de poils noirs, rouges et blancsAdmise
Sésame noirkurogomaPlus de poils noirs que de blancsAdmise
Sésame rougeakagomaFond rouge mêlé de poils noirsAdmise
Crème ou blancshiroRobe pâle uniforme, truffe noireHors standard
Pinto—Larges plages blanches aux bords netsDéfaut nommé

L’urajiro, la condition commune à toutes les robes

L’urajiro, littéralement « le blanc du dessous », est le marquage blanchâtre qui couvre les côtés du museau, les joues, le dessous de la mâchoire, la gorge, le poitrail, le ventre, le dessous de la queue et l’intérieur des membres. Le standard en fait une obligation, quelle que soit la couleur du dessus.

C’est le premier contrôle à faire sur une photo d’annonce. Un Shiba dont les joues et le poitrail sont de la même couleur que le dos ne répond pas au standard, quelle que soit la beauté de sa robe. À l’inverse, un urajiro qui remonte trop haut sur les flancs ou forme de grandes plages blanches fait glisser le chien vers le pinto.

Le rouge, la robe de référence

Le rouge est de loin la couleur la plus répandue, au Japon comme en Europe. C’est elle qu’on associe spontanément à la race et à sa silhouette de petit renard. Le standard ne fixe pas de nuance précise : un fauve clair et un roux soutenu sont tous deux des rouges, à condition que la couleur soit nette et franche.

Le contraste avec l’urajiro fait la qualité de cette robe. Un rouge terne, délavé, ou une limite floue entre le dessus et le dessous se remarquent plus que la nuance elle-même. Un chiot rouge naît parfois avec des pointes de poil sombres, voire un léger masque, qui s’éclaircissent au cours des premiers mois. Il ne faut donc pas juger la couleur définitive d’un chiot de huit semaines.

Le noir et feu, le vrai « shiba noir »

La requête « shiba noir » revient sans cesse, et elle repose sur un malentendu. Aucun standard ne décrit de Shiba noir uni. Ce que l’on appelle « shiba noir » est un noir et feu : le dessus du corps est noir, mais le chien porte toujours des marques feu et l’urajiro, ce qui lui donne un aspect tricolore. Le détail de cette robe est développé dans notre article sur le Shiba Inu noir et feu.

Les marques feu se placent au-dessus des yeux, sur les joues, sur les pattes et parfois sur le poitrail, à la frontière entre le noir et le blanc. Les deux taches au-dessus des yeux sont souvent désignées par le terme japonais yotsume, « quatre yeux ». Le noir lui-même tire fréquemment vers le brun-noir sur un chien adulte, avec un sous-poil plus clair qui apparaît pendant la mue.

Un chien présenté comme « entièrement noir », sans feu ni urajiro visibles, mérite donc une question franche à l’éleveur. Soit la photo est trompeuse, soit le chien n’est pas un Shiba conforme, soit il s’agit d’un croisement.

Les trois sésames, la robe la plus mal nommée

Le sésame est la couleur la plus recherchée, et celle sur laquelle les annonces se trompent le plus. Le standard en distingue trois :

  • Le sésame : un mélange à égalité de poils noirs, rouges et blancs. C’est la version la plus rare.
  • Le sésame noir : plus de poils noirs que de poils blancs. La comparaison se fait avec le blanc, pas avec le rouge.
  • Le sésame rouge : un fond rouge mêlé de poils noirs. C’est celui qu’on rencontre réellement dans la grande majorité des cas.

Le standard américain ajoute un critère utile : les pointes noires doivent être réparties de façon légère et régulière, sans concentration dans une zone, et les surfaces sésame doivent rester rouges au moins pour moitié. Un chien rouge avec un masque sombre ou une selle noire bien délimitée n’est donc pas un sésame. Les pièges de lecture sont détaillés dans notre guide sur le Shiba Inu sésame et ses trois variantes.

Le sésame est aussi la robe qui évolue le plus avec l’âge. Les chiots naissent souvent plus sombres qu’ils ne le resteront, et la répartition des pointes noires change au fil des mues. La génétique de cette couleur n’est d’ailleurs pas entièrement établie, ce qui explique qu’aucun éleveur ne puisse garantir un vrai sésame à la réservation.

Crème, blanc, pinto, poil long : les robes hors standard

Le crème, que l’on vend souvent sous le nom de « Shiba blanc », est un vrai Shiba de race. Il naît de deux parents porteurs d’un gène récessif, et il peut apparaître dans une portée de deux rouges parfaitement conformes. Le standard FCI ne le cite pas parmi les couleurs admises, et le standard américain le sanctionne explicitement. Il reste inscriptible au livre des origines, mais il n’a aucune chance en exposition. Le sujet est traité en détail dans notre article sur le Shiba Inu blanc.

Le pinto est la seule couleur que le standard FCI nomme parmi les défauts. Il désigne un chien coloré portant de larges plages blanches aux bords nets, ce qui n’a rien à voir avec le crème. Un pinto reste un chien de compagnie tout à fait normal, mais il n’est pas destiné à la reproduction dans un élevage qui suit le standard.

Le poil long n’est pas une couleur, mais il revient dans les mêmes recherches. Le standard décrit un poil de couverture dur et droit sur un sous-poil doux et dense. Un Shiba au poil nettement long, plus soyeux, avec des franges aux oreilles et aux pattes, s’écarte de cette description. Comme chez d’autres races, cette particularité est héréditaire et récessive : elle peut surgir dans une portée sans que les parents la montrent.

La couleur change-t-elle le caractère ou le prix ?

La couleur ne change rien au caractère. Un noir et feu n’est ni plus calme ni plus têtu qu’un rouge, et aucune étude sérieuse n’a établi de lien entre la robe et le tempérament chez le Shiba. Les différences de comportement viennent de la lignée, de la socialisation et de l’éducation, jamais de la couleur du poil.

La couleur pèse peu sur le prix d’un chiot issu d’un élevage sérieux. Certains éleveurs demandent un peu plus pour un noir et feu ou un sésame, plus rares. Une forte majoration sur une couleur présentée comme « rare » doit en revanche alerter, surtout quand il s’agit d’une robe hors standard comme le crème, ou d’un « sésame » qui n’est qu’un rouge charbonné.

Pour la taille, la silhouette et le reste du standard, toutes les robes obéissent aux mêmes règles : 39,5 cm au garrot pour le mâle et 36,5 cm pour la femelle, avec une tolérance de 1,5 cm. Ces repères sont rassemblés dans notre fiche sur les caractéristiques physiques du Shiba Inu.

Vérifier la couleur avant de réserver un chiot

Trois vérifications évitent l’essentiel des déceptions. La première consiste à demander la couleur déclarée au pedigree, par écrit, avant la réservation : c’est la seule mention qui engage l’éleveur. La deuxième porte sur l’urajiro, visible sur les joues et le poitrail dès les premières semaines. La troisième passe par les photos des parents adultes, en lumière naturelle, de profil et de face.

Pour un sésame, demandez aussi des photos du chiot à plusieurs âges, et méfiez-vous d’une couleur définitive annoncée à six semaines. Pour un noir et feu, vérifiez la présence des marques feu au-dessus des yeux et sur les pattes. Pour un crème, assurez-vous que l’éleveur le présente comme une robe hors standard, et non comme une rareté reconnue.

Sources

  • Fédération cynologique internationale, standard FCI n° 257 « Shiba », version officielle du 30.10.2016, traduction française du 09.02.2017 : rubriques « Robe », « Poil », « Taille » et « Défauts ».
  • National Shiba Club of America, Official Standard of the Shiba Inu, approuvé par l’American Kennel Club : description des couleurs, du sésame et des défauts de couleur.
  • Société centrale canine, page « Standard du Shiba Inu », reprise française du standard FCI.